Nadia MESSAOUDI, , Publié le 17 février 2026
Une ambition consolidée, et un rôle clé pour les collectivités
Présentée le 30 janvier 2026, la nouvelle « Stratégie nationale Sport et Handicap 2030 » s’inscrit dans la continuité de l’héritage des Jeux paralympiques de Paris 2024 et ouvre une nouvelle séquence à l’horizon des Jeux d’hiver des Alpes françaises 2030. Le message politique est clair : faire du sport un droit effectif pour les personnes en situation de handicap et transformer l’élan paralympique en dynamique structurelle.
Car derrière le succès médiatique et populaire de Paris 2024, la réalité demeure contrastée. Seules 47 % des personnes en situation de handicap déclarent pratiquer une activité physique ou sportive, contre 80 % dans l’ensemble de la population. L’écart reste massif et pose un enjeu d’égalité d’accès au service public du sport.
Un héritage paralympique à transformer
Les Jeux ont incontestablement changé les regards. L’augmentation de 21 % des licences à la Fédération Française Handisport à la rentrée 2024, les 40 millions de téléspectateurs et les 2,5 millions de billets vendus pour les Jeux paralympiques témoignent d’un engouement inédit.
La première stratégie nationale avait déjà permis des avancées concrètes, comme la réduction de la TVA sur le matériel adapté ou la désignation de référents activité physique dans les établissements médico-sociaux.
La nouvelle feuille de route entend franchir un cap supplémentaire en recentrant l’action autour d’objectifs structurants :
– Susciter l’envie de pratiquer, en renforçant l’information des publics concernés et en valorisant l’offre existante, notamment via le Handiguide des sports, qui référence déjà plus de 6 000 structures.
– Rendre réellement accessibles la pratique, les équipements et les événements sportifs, tout en accompagnant la montée en compétence des acteurs du champ sportif, éducatif et médico-social.
– Affirmer une volonté de structurer l’observation nationale du parasport et de territorialiser plus fortement l’action publique.
Cette architecture plus resserrée vise une plus grande opérationnalité. Mais elle repose largement sur la mobilisation des territoires.
L’accessibilité des équipements : un enjeu central pour les collectivités
La stratégie prévoit la poursuite du soutien à la mise en accessibilité des équipements sportifs, via une enveloppe annuelle de 2,5 millions d’euros (via l’AnS). Elle annonce également l’élaboration d’un référentiel interministériel d’accessibilité et le développement d’outils spécifiques pour les espaces naturels, avec un objectif de 400 sentiers accessibles d’ici 2030.
Pour Jonathan JOSSE, animateur de la « Commission Sport Handicap » de l’ANDES et adjoint au sport de la ville de Saumur : « la question des moyens demeure néanmoins posée. L’enveloppe nationale annoncée, au regard du parc d’équipements à adapter, reste insuffisante et appelle mécaniquement à une priorisation des investissements. »
Des exigences accrues pour l’événementiel sportif
Dans le prolongement de Paris 2024, la stratégie entend faire de l’accessibilité un standard durable pour les événements soutenus par l’État. Le renforcement des critères conditionnant les financements publics aura des incidences directes pour les villes organisatrices.
L’intégration d’épreuves ou de démonstrations parasportives, l’accessibilité des sites et des parcours, ainsi que l’implication de personnes en situation de handicap dans les tests usagers deviennent des éléments structurants des cahiers des charges.
Une gouvernance territoriale à structurer
La stratégie affirme clairement sa dimension territoriale. À l’échelle régionale, les DRAJES piloteront les déclinaisons régionales en lien avec les collectivités. À l’échelle départementale, des instances de gouvernance du parasport devront fédérer collectivités, mouvement sportif, MDPH et secteur médico-social.
Cette organisation place les communes et EPCI au cœur du dispositif. Leur rôle dépasse la gestion d’équipements : elles deviennent coordinatrices de parcours sportifs inclusifs, articulant sport, santé, autonomie et éducation.
La réussite de cette territorialisation dépendra de la capacité à décloisonner les politiques publiques et à sécuriser les partenariats avec les MDPH, les établissements médico-sociaux et les Maisons Sport-Santé.
Du sport-santé à l’inclusion durable
La stratégie renforce également l’articulation entre mouvement sportif et secteur médico-social. La généralisation des 30 minutes d’activité physique quotidienne dans les établissements et l’orientation vers les 560 Maisons Sport-Santé existantes ouvrent de nouvelles perspectives.
Pour les collectivités, cela implique de penser les équipements et les créneaux horaires comme des supports d’inclusion sociale et de santé publique, en lien avec les politiques locales d’autonomie et de prévention. Cela renvoie directement à la logique de « Projet Sportif Local » promue par l’ANDES.
Une ambition forte, des incertitudes opérationnelles
La « Stratégie nationale Sport et Handicap » 2030 affiche une ambition politique : consolider les acquis post-paralympiques, clarifier les priorités et affirmer la centralité des territoires.
Reste une question déterminante : celle des moyens financiers et de l’ingénierie d’accompagnement. L’écart entre l’ambition nationale et les capacités d’investissement locales pourrait constituer un point de tension, notamment pour les petites communes.
Pour autant, la stratégie constitue à la fois une opportunité et une responsabilité pour les villes et EPCI : opportunité de structurer une politique sportive inclusive, en cohérence avec les enjeux de santé et de cohésion sociale ; et responsabilité d’inscrire l’accessibilité et l’inclusion au cœur du service public local du sport.
Lien vers la Stratégie Nationale Sport Santé 2030, cliquez ici !
Covid-19 : Nouvelles mesures applicables au secteur du sport – Maj 14/03/2022
Odeyssa DENIS, ANDES, Publié le 26 novembre 2021
Covid-19 : Nouvelles mesures applicables au secteur du sport – 08/04/2021 (mise à jour au 20/04/2021)
Odeyssa DENIS, ANDES, Publié le 6 avril 2021
Publication du décret sur les BNSSA : l’ANDES fait part de son soulagement et de la responsabilité des acteurs sur l’avenir de la filière aquatique
Odeyssa DENIS, ANDES, Publié le 4 juin 2023
Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.